03/10/2019

Rebecca Tison : Portrait d'une entrepreneuse qui vit son rêve américain

Etre entrepreneur demande des épaules larges. Si Rebecca Tison n’en a pas le physique , elle en a la carrure. Du haut de ses 28 ans, cette jeune fonceuse avait une idée en tête et elle s’y est tenue : ouvrir un bar à choux – devenu Barachou – à New York.
Retour sur le parcours d’une (com)battante un mois après l’ouverture de sa French pâtisserie dans l’Upper West Side.

Portée par sa vision et sa forte détermination, Rebecca Tison n’a rien vécu comme un obstacle : « J’étais complètement plongée dans mon projet. J’avais seulement la sensation de passer les étapes les unes après les autres : business plan, levée de fonds, recherche du local, dossier d’immigration, recrutement d’un pâtissier, etc. C’était un peu irréel. En fait, je suis du genre à foncer et à réfléchir après. La prise de conscience est venue le jour de l’ouverture : il n’y avait pas la queue et là je me suis demandé Mais qu’est-ce que j’ai fait ?! .

Pourtant, Rebecca ne présentait pas le profil idéal. « En plus d’être jeune, je montais ma première société et mon score-crédit n’était pas excellent. Après avoir manqué un premier local, je n’ai pas hésité à écrire au propriétaire d’une 2ème boutique pour le convaincre de la solidité de mon projet et de mon dynamisme. Et il a aimé ! » Une étape-clé car sans bail signé, il est impossible d’obtenir un visa.

En outre, il a fallu gagner cette crédibilité sur tous les fronts : « Lors de mes rendez-vous de chantier, mes prestataires avaient tendance à chercher où était le responsable, alors même que j’étais la seule personne sur place ! Passée la première surprise, tous m’écoutaient. » Une écoute qui se concrétise également en interne auprès des salariés : « Aujourd’hui, j’apprends encore à être entrepreneuse, cependant tous savent que c’est moi le patron. Je sais poser les limites. Au début, il y a eu un gros turnover : j’ai dû remercier des salariés qui arrivaient avec 1h30 de retard, refuser des candidats sans papier, etc. Aujourd’hui, l’équipe est stable et je recrute un deuxième pâtissier. »

Ce nouveau recrutement est motivé par une approche volontaire. Selon Rebecca Tison, « il faut savoir évoluer en fonction des attentes du marché. Nous allons étendre notre gamme en proposant des sandwichs, et nous créons constamment de nouvelles saveurs. Chaque jour, nous décidons quelles nouveautés garder ou abandonner. Par ailleurs, je cible le marché du traiteur : pendant mon volontariat international dans l'événementiel, j’ai observé les incroyables budgets que les Américains y consacrent. Le moindre événement donne lieu à des plateaux de petits fours. Grâce à mon V.I.E, je maîtrise la création d’événements de A à Z et connaît parfaitement ce secteur et ses acteurs. Pour me développer, je sais qui contacter... »

Une histoire de petits choux qui comptent bien faire des pas de géants !