21/03/2019

Des missions V.I.E pour construire les compétences de demain

Le 14 mars, Business France organisait son 6e séminaire annuel sur le thème des métiers et des compétences du futur. Comment les métiers vont-ils évoluer ? Sur quels profils les entreprises devront-elles miser demain ? Et en quoi le V.I.E pourra-t-il accompagner ces évolutions ? Quelques éléments de réponse...

 

Anticiper l’évolution des métiers et des compétences qui seront demain indispensables à l’économie est un véritable challenge pour les entreprises. La transformation des technologies, de l’environnement concurrentiel et des business models est telle qu’il peut même parfois sembler hasardeux de se projeter trop loin dans l’avenir. Des études prospectives, des enquêtes réalisées dans les entreprises et l’observation attentive des mutations que connaissent ces dernières permettent d’identifier de grandes tendances qui seront décisives pour l’emploi de demain.

   

 


Une transformation progressive des métiers

« À l’exception de quelques familles de métiers, les transformations ne sont pas aussi rapides qu’on le croit, rassure Sandra Aboubadra-Pauly de France Stratégie. Elles se font de façon progressive, à partir des métiers existants, par agrégation de compétences ou par des phénomènes de spécialisation. » À l’image du métier de webmaster du début des années 2000 qui s’est peu à peu diversifié et fragmenté pour venir finalement alimenter et structurer l’essentiel de la filière informatique.

Pour France Stratégie, trois facteurs déterminants ont d’ores et déjà commencé à façonner les compétences de demain : les transformations technologiques, les adaptations vertes, répondant aux enjeux environnementaux, et le souci de la relation client, qui irrigue désormais tous les métiers. Cette dernière préoccupation renvoie à un ensemble de compétences relationnelles et communicationnelles qui est amené à focaliser de plus en plus l’attention des recruteurs.


Le « soft skills » et l’enjeu de la transversalité

« Les compétences techniques demeureront certes importantes mais elles ne suffisent plus, souligne Yves Grandmontagne, du Lab RH. Pour faire face à un environnement incertain et mouvant, les organisations doivent désormais développer leur agilité, c’est à dire leur capacité à s’adapter, à saisir des opportunités, à innover en permanence. » Pour relever ces défis, les soft skills deviennent incontournables. Renvoyant aux travaux de Jérémy Lamri, cofondateur du Lab RH*, Yves Grandmontagne définit ces « compétences douces » sur la base de quatre grandes compétences critiques : l’esprit « critique » - au sens anglo-saxon du terme –, c’est à dire la capacité à analyser la complexité, à saisir les signaux faibles et à prendre des décisions ; la créativité via l’amélioration des processus ou l’innovation ; la communication, qui renvoie tout aussi bien à la qualité d’expression et aux relations interpersonnelles qu’à la maîtrise des technologies de communication ; et enfin la coopération, c’est à dire la capacité à s’inscrire dans un collectif et à travailler en réseau.


Le digital omniprésent

Pour compléter ce tableau des compétences transverses sur lesquelles les recruteurs doivent désormais pouvoir compter, Viviane Deschamps, chargée d’étude à l’Apec, souligne l’importance croissante des compétences juridiques face à l’inflation réglementaire avec laquelle tous les secteurs d’activité doivent composer, et la dimension multicuturelle, incontournable dans une économie mondialisée. « Quant au digital, complète-t-elle, il doit lui aussi être envisagé de façon transversale non pas seulement comme un support technique mais comme un levier de transformation des usages, omniprésent, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. »

L’atout V.I.E

Cette nouvelle approche des compétences et des profils pose la question de la formation, initiale et continue, des futurs collaborateurs. Comme le rappelle Yves Grandmontagne, « on n’apprend pas les compétences transversales, on les développe dans la durée. ». Dans cette optique, le V.I.E constitue assurément un atout non négligeable pour les entreprises.

« A condition que nous soyons ambitieux et exigeants dans le choix des missions que nous proposons aux jeunes et que nous sachions les accompagner », insiste Claire Champenois, responsable du développement RH chez Essilor.

Au cours de leur mission, les V.I.E sont amenés à sortir de leur zone de confort pour s’adapter à un environnement nouveau, s’intégrer dans une équipe et nouer des liens avec des partenaires locaux. Souvent placés aux avant-postes, loin du siège de l’entreprise, ils développent leur autonomie, leur sens de l’initiative et sont attendus sur leur capacité à imaginer des solutions et à être force de proposition. « De ce point de vue, le V.I.E joue pleinement son rôle de programme public de gestion des talents », estime Michel Bauza, directeur V.I.E chez Business France.

*Jérémy Lamri – Les compétences du 21e siècle - Comment faire la différence ? – Ed. Dunod, 2018.