20/11/2018

Le V.I.E, un pari d’avenir triplement gagnant pour la France

Ambassadrice de France à Nairobi, Aline Kuster-Ménager a vu croître le nombre des V.I.E avec l'augmentation du nombre de filiales françaises au Kenya. Elle nous explique ce succès.

  • Madame l’ambassadrice, le dispositif V.I.E joue-t-il un rôle important pour les entreprises françaises désireuses de s’implanter en Afrique ? Quelle est son image au Kenya ainsi que sur l’ensemble du continent ?

Le dispositif V.I.E constitue un élément important de l’influence de la France à l’étranger. En tant qu’ambassadeur, j’ai pu le constater à maintes reprises. Grâce à ces jeunes qui, pour la plupart, viennent de terminer leurs études, sont pleins d’allant et prêts à relever des challenges, notre pays apparaît pour ce qu’il est : moderne, ouvert et prêt à l’échange. Le V.I.E contribue aussi à lui conférer une image de dynamisme fort appréciable. Cela s’avère particulièrement en Afrique, continent d’avenir, en plein essor économique et où les besoins, en termes de compétences, se font toujours plus pressants. Au Kenya, l’outil a, de longue date déjà, fait ses preuves aux yeux des entreprises françaises présentes. Celles qui l’ont choisi, pour les trois-quarts d’entre elles au moins, ont ainsi souhaité accompagner leur implantation dans ce pays. La plupart en ont retiré des dividendes immédiats pour leur activité commerciale. Le V.I.E est donc bon pour nos exportations, pour l’image de la France à l’étranger mais, également, pour ces jeunes qui sont les cadres et managers de demain. Cette expérience précieuse, car très formatrice, les marquera à vie. Elle représente, pour eux, un atout, un capital d’expérience et un investissement sur le futur, qui leur permettront de se projeter dans leurs carrières respectives.

  • Diriez-vous que le VIE est solidement implanté en Afrique ? De quelle marge de progression dispose-t-il ?

L’Afrique, et c’est là un paradoxe, n’attire actuellement que 8% des V.I.E disséminés dans le monde. C’est trop peu. Surtout au regard des besoins considérables manifestés, je l’ai déjà souligné, par ce continent en pleine expansion, jeune, ouvert et désireux de s’intégrer au marché économique international. Il faut maintenant oser l’Afrique. Je pense au Kenya en particulier. La région représente l’une des zones les plus dynamiques en termes de courants d’affaires. Elle croît, à un rythme continu, de 5 à 6% sur l’ensemble de la dernière décennie. Après y avoir accusé un certain retard, nos entreprises connaissent désormais un niveau de développement spectaculaire. Elles s’y développent, s’y multiplient et explorent ici de nouvelles voies commerciales. Mais la marge de progression du V.I.E demeure importante.

  • A l’aune de votre expérience dans ce pays, que conseilleriez-vous à un jeune VIE ainsi qu’à un entrepreneur français engagé à l’export ?

Pour nos jeunes V.I.E, le Kenya constitue un excellent challenge professionnel. Je leur dis donc venez-y ! C’est un pays porteur pour y démarrer une carrière. Il convient de souligner, également, que les jeunes kenyans ont, eux-aussi, une réelle culture d’entreprise, de start-up et de modernité. Ils ne demandent qu’à la partager en nouant des relations avec ceux de leur génération, venus de différents horizons. Quant aux entreprises françaises qui choisissent le V.I.E, elles font un pari, on l’a vu, triplement gagnant en investissant sur l’avenir. Pour leurs bilans, pour les jeunes qu’elles vont ainsi former, mais aussi pour la France. Depuis 2015, le nombre de V.I.E engagés au Kenya a doublé. J’y vois comme un excellent présage. Enfin, permettez-moi de mettre l’accent sur un dernier motif de satisfaction : le dispositif, durant cette période, s’est considérablement féminisé. Il faut poursuivre dans cette voie.