15/06/2018

Exporter dans les pays nordiques

Le concept du « Hygge » danois est désormais un phénomène de mode dans le monde entier. C’est un art de vivre très cher à la population locale, un mot évoquant une ambiance particulière où la lumière chaude d’une bougie s’allie avec l’art de savourer la vie dans tous ses aspects.

Au-delà de ce concept du « Hygge », le Danemark est une destination où il est possible de créer une entreprise en un jour ! C’est un pays réputé pour sa « flexisécurité ». Ce pays de 5,7 millions d'habitants à seulement 1H30 de Paris est considéré aussi comme un marché test à l'export.

Entretien avec Niels Onteniente, Directeur Europe Invest in Denmark. 

Quels sont les avantages que le Danemark peut présenter pour une implantation française ?

Le Danemark offre une très bonne plateforme aux entreprises françaises pour opérer dans les pays Nordiques. Il bénéficie d’infrastructures de premier plan, telles que le pont qui nous relie à la Suède ou bien encore l’aéroport de Copenhague qui est le hub de la compagnie SAS et offre les meilleures connexions de vol dans la région. Enfin, la fameuse « flexisécurité » danoise offre aux entreprises une flexibilité du marché du travail unique dans la zone nordique ainsi qu’une force de travail motivée et formée en continu.

Mais le Danemark ne reste-t-il tout de même pas un pays cher ?

Malgré des salaires relativement élevés, le Danemark reste tout à fait compétitif par rapport au reste de l’Europe de l’ouest ; plusieurs facteurs contribuent à cela.
Tout d’abord, les charges sociales incombant à l’employeur sont quasi nulles, le salaire brut y est donc pour ainsi dire équivalent au salaire net, rendant le coût du travail attractif. Par ailleurs la fiscalité des entreprises est plutôt avantageuse avec un impôt sur les sociétés à 22%. Enfin, si le Danemark est connu pour la qualité de son système social, il l’est aussi pour la flexibilité de son marché du travail. Le fait de pouvoir ajuster ses RH à la fois rapidement et à moindre frais est un facteur fluidifiant les transactions et qui réduit considérablement le risque encouru par les entreprises ; cela a un impact économique important. Il ne faut pas non plus perdre de vue la qualité de la main d’oeuvre danoise tant en termes de productivité que de compétences ; le Danemark investit fortement dans la formation continue. L’Economist Intelligence Unit classe régulièrement le Danemark comme le pays offrant les meilleures conditions au monde pour développer son entreprise.

Quelles sont les opportunités présentes pour les entreprises françaises au Danemark ?

Elles sont nombreuses. Du fait de la continuité de sa stratégie de transition énergétique, le Danemark est attractif dans des domaines tels que les énergies renouvelables (Eolien Offshore, Hydrogène, Biomasse…), l’efficacité énergétique, le Smart City, ou encore les « Green Data Centres » où les investissements d’Apple, Facebook ou Google ont contribué à fortement dynamiser ce secteur.
Le Danemark investit également dans l’amélioration de ses infrastructures tels que tramways, routes, ponts et hôpitaux, secteurs où les compétences francaises sont reconnues.
Tout comme en France, le milieu Tech est en effervescence au Danemark ; des domaines tels que l’intelligence artificielle, le Big Data, l’Internet of things et plus généralement les technologies sans fil sont très dynamiques.
Enfin, l’industrie agroalimentaire (en particulier la partie ingrédients) et les sciences de la vie (en particulier les Biotechs) restent des secteurs où les opportunités sont nombreuses.

A SAVOIR :

Selon le classement Doing Business de la Banque mondiale, le Danemark est le pays européen le plus attractif et le troisième mondial pour son climat d’affaires. Le Danemark est caractérisé par une grande stabilité, à la fois économique et politique, qui fait de lui un des pays européens les plus sûrs.


La Finlande est un marché à seulement 2 heures et demi d’avion de la France. Il est souvent jugé lointain et les entreprises ne s’y rendent pas spontanément alors que le pays offre de réelles opportunités.

Dans le cadre d'une démarche à l'export, il est important de se familiariser avec les normes et comportements finlandais afin d'anticiper les réactions de son interlocuteur. Vous retrouverez ci-dessous une interview de Martin Fougere, professeur à l'Ecole de Commerce d'Hanken. Une opportunité pour nous, de vous présenter les différences entre la France et la Finlande en termes de relations de travail. 

  • Quelle est l’importance des rapports hiérarchiques dans les entreprises finlandaises ?

D’une manière générale, les entreprises finlandaises comptent peu d’échelons et se caractérisent par une hiérarchie très horizontale. Ce mode de fonctionnement se retrouve aussi dans les rapports interpersonnels. Les modes de communication sont plus simples et moins codifiés qu’en France. Le tutoiement est courant et l’usage des prénoms généralisé. Il n’est pas rare d’avoir recours à des diminutifs entre collègues, même avec les dirigeants les plus hauts placés. Contrairement à la France, la personnalisation du pouvoir est limitée. Un dirigeant ne tire pas sa légitimité de son caractère mais seulement de sa fonction. Les compétences spécifiques et l’expertise sont valorisées, dans un pays qui compte de très nombreux ingénieurs.

  • Comment s’opère la prise de décision ?

Lorsque l’on parle de la culture finlandaise, on a tendance à exagérer l’importance du consensus. Il est vrai que l’expression du dissensus ou d’un « esprit de contradiction » est rarement considérée comme potentiellement constructive, contrairement au contexte français où les joutes oratoires sont courantes et peuvent être interprétées comme des symptômes de l’implication active des participants. L’entreprise finlandaise type semble donc à première vue être plus « consensuelle » que son homologue française. Mais le fait que le dissensus ne soit pas considéré comme souhaitable ne signifie pas que le consensus règne : dans les faits, la prise de décision dans les entreprises finlandaises est souvent centralisée. Les réunions avec les collaborateurs ont d’abord une fonction d’information et de formalisation. Elles sont rarement un lieu de débat où les décisions se prennent. Si elles sont l’occasion d’un vote, une majorité a souvent été réunie en amont. Cela peut donner lieu à certaines incompréhensions avec les Français, habitués à ouvertement partager leurs opinions, même – voire en particulier – quand elles sont divergentes. La Finlande se distingue en cela des autres pays nordiques, notamment la Suède où la culture du consensus est plus forte. Cette plus grande centralisation du pouvoir en Finlande permet une rapidité et une efficacité du processus décisionnel.

  • Quelle est la place des relations personnelles ?

Les Finlandais accordent relativement peu d’importance à la socialisation sur le lieu de travail. Typiquement, les journées de travail sont intenses. Les pauses ou les déjeuners, les plus courts possibles, sont rarement l’occasion de développer des liens personnels entre collègues. Par contre, les évènements d’entreprises ont une grande importance et sont l’occasion d’apprendre à mieux connaître les collègues dans un contexte très différent. Relativement nombreuses, les soirées et les sorties organisées par l’entreprise sont d’abord l’occasion de développer la cohésion de groupe.

  • Que dire des relations hommes-femmes en entreprise ?

On exagère souvent la situation privilégiée des Finlandaises. La société est certes très égalitaire comparée à la plupart des autres sociétés occidentales, mais certains obstacles demeurent. La grande majorité des dirigeants et des cadres de haut niveau sont des hommes. De fait, les femmes restent exclues de par certaines pratiques, telles que « la diplomatie du sauna », qui perdure dans certaines entreprises de la « vieille école ».
Dans les relations de travail cependant, aucune différence de traitement ne semble exister : l’idéal de neutralité dans la communication s’applique théoriquement de la même façon que l’on converse avec un homme ou une femme. Le comportement des étrangers, et notamment des Français, peut parfois choquer. La galanterie par exemple peut être facilement interprétée comme une entreprise de séduction et entraîner un malaise.


Prix V.I.E - Entreprises Nordiques

Le 8 juin dernier s'est tenu à Oslo (Norvège), la première édition du Prix V.I.E - Entreprises Nordiques organisé par Business France, le Comité des CCEF et les services de l'Ambassade. L'objectif de cet évènement de promotion du V.I.Eétait de mettre en valeur et de récompenser les entreprises (grands groupes et PME) utilisatrices de la formule dans la zone nordique. 

Un jury de sélection composé de représentants des quatre bureaux Business France nordiques (Danemark, Finlande, Norvège, Suède), de représentants des CCEF de la zone nordique et de représentants du Service Economique nordique ont décerné trois prix :

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Les bureaux Business France de la zone Nordique vous accompagnent, pour vous conseiler sur les pratiques des affaires, identifier vos prospects et partenaires officiels, vous informer sur les conditions d'accès au marché : 

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