16/05/2018

5 clés pour comprendre la génération Z

Âgés de 22-23 ans, les premiers représentants de la génération Z commencent à prendre pied dans l’emploi. Ils apportent avec eux une culture nouvelle, nourrie de l’expérience digitale, et portent un regard radicalement différent sur l’entreprise. Décryptage.

Managers et responsables RH attendent leur arrivée avec angoisse, comme on attendrait une armée de mutants dans une mauvaise série télévisée. Aujourd’hui, ils sont là, aux portes de l’entreprise, et ne semblent guère plus menaçants que leurs prédécesseurs… «Les jeunes de la génération Z ne sont que les symptômes vivants des profondes transformations sociétales et technologiques en cours» résume Elodie Gentina, enseignante-chercheuse à l'IESEG School of Management, qui les a sondés et interrogés*. Cinq idées-clés permettent de décoder leurs aspirations et leurs comportements. 

Une culture de l’instantanéité

Nés à partir de 1995, les ‘Z’ n’ont jamais connu le monde sans Internet. Ils ont été «biberonnés» au numérique et ont grandi cramponnés à leur smartphone qui est le prolongement d’eux-mêmes. Leur rapport au temps en est profondément transformé. Ils ont développé une culture de l’immédiateté en matière de communication, de consommation, d’accès à l’information et peinent, dans le même temps, à se projeter sur le long terme. Au plan professionnel, cela les conduit à privilégier l’expérience immédiate, la mission limitée dans le temps au CDI. Ce dernier n’est plus considéré comme un graal.

Nouveaux savoirs, nouveau management

La révolution numérique instaure un nouveau rapport à la connaissance. Le savoir et l’information étant désormais immédiatement accessibles via les réseaux, l’érudition n’a plus la cote. La génération Z apprend d’abord par elle-même et privilégie la pratique à la théorie. À ses yeux, le porteur de l’autorité n’est donc plus le détenteur d’un savoir, mais celui qui fait, qui expérimente et qui sait guider dans l’action, en faisant preuve d’empathie et de bienveillance. Les ‘Z’ ne contestent pas systématiquement la hiérarchie, ils exigent simplement un management intelligent !
Par ailleurs, le savoir ne circule plus à sens unique. Culture digitale oblige, les plus jeunes ont aussi des choses à apprendre aux plus âgés.

Génération collaborative

Les ‘Z’ évoluent dans un monde complexe fait de mouvement et de fluidité. On travaille de n’importe où, n’importe quand, en veillant toutefois à ne pas sacrifier son plaisir à l’effort. Le modèle hiérarchique pyramidal est définitivement disqualifié au profit du mode participatif et collaboratif, né des réseaux sociaux. Si le digital est fondamental, il ne reste qu’un outil car la dimension relationnelle, le lien réel, demeurent indispensables. Au point que les notions d’équipe et d’ambiance de travail constituent l’un des premiers critères dans le choix d’une entreprise. On dit que les ‘Z’ sont plus fidèles à leurs collègues qu’à leur entreprise.

Le bonheur, c’est maintenant !

Pour le philosophe Vincent Cespedes, la jeunesse d’aujourd’hui est une « perle rare qui ne demande qu’à briller ». Elle aurait en elle une valeur cachée qui ne demanderait qu’à être révélée. Notamment par l’entreprise qui n’est plus considérée comme une «mère nourricière» à laquelle on s’attacherait sur le long terme, mais un point de passage, où prédomine la relation donnant-donnant. Le jeune salarié apporte ses compétences, l’entreprise lui permet de vivre (et d’acquérir) une expérience. Le bien-être au travail est un élément essentiel de la transaction.
Pas question d’attendre la retraite pour être heureux ! Les ‘Z’ veulent prendre du plaisir au travail.

Des valeurs et du sens

Né dans une société hypercapitaliste et hypermatérialiste, les ‘Z’ n’en sont pas moins attachés au sens des choses. S’ils ne remettent pas en cause la notion de croissance économique, dont ils connaissent les limites, ils sont sensibles aux notions de progrès, d’intérêt général et d’entreprenariat social. Leur travail doit être en adéquation avec leurs valeurs personnelles, avoir du sens et une utilité pour la société.

Génération Z : Des Z consommateurs aux Z collaborateurs », par Elodie Gentina et Marie-Eve Delecluse, Dunod, 2018.

INFOGRAPHIE Generation Z